Interview par "Les jeunes du Bizet racontent" (Christophe et Anthony Cherrier)
Dany Boon au Palais des glaces
(juin 1995)


L.J.D.B.R. : Qui t'a donné ton surnom ?

Dany Boon : C'est un ami proche qui s'appelle Philippe Hollevout qui m'a appelé comme ça quand j'étais gamin, c'est resté mon surnom.

L.J.D.B.R. : Quelles sont les personnes qui t'ont le plus aidé ?

Dany Boon : Les personnes qui m'ont le plus aidé ? C'est les gens proches.

L.J.D.B.R. : Quels sont tes hobby en général ?

Dany Boon : La musique, beaucoup de piano, j'adore ça. Le dessin qui est devenu un hobby et puis je vais pas mal au cinéma.

L.J.D.B.R. : Tu ne fais pas de sport ?

Dany Boon : Le flipper.

L.J.D.B.R. : Quels sont tes goûts musicaux ?

Dany Boon : Mes goûts musicaux ? J'aime beaucoup Tom Waits, Charlelie Couture, Jacques Brel. Je donne en vrac, voilà en gros.

L.J.D.B.R. : Joues-tu d'un instrument ?

Dany Boon : Oui, de la guitare et du piano.

L.J.D.B.R. : De la guitare sèche ou électrique ? Les deux peut-être ?

Dany Boon : Oui, un truc à six cordes et un manche.

L.J.D.B.R. : Tu sais cuisiner ?

Dany Boon : Non, pas très bien, je fais n'importe quoi et des fois c'est bon, des fois c'est dégueulasse. C'est un peu le hasard.

L.J.D.B.R. : Aimes-tu le cinéma, quel genre de films regardes-tu ?

Dany Boon : J'aime bien le cinéma. Qu'est-ce que j'ai vu de bien récemment ? Ah ben je suis allé voir La Haine tiens.

L.J.D.B.R. : Et c'était bien ?

Dany Boon : Oui, c'était bien, c'est un film à voir.

L.J.D.B.R. : Tu as déjà joué dans des films ?

Dany Boon : J'ai joué, d'abord dans Navarro où j'ai fait le rôle d'un méchant tueur et après j'ai joué dans un film en Afrique sur le docteur Swetzer où je jouais le rôle d'un jeune médecin gentil, et là, je vais tourner dans le prochain film de Mocky.

L.J.D.B.R. : Au cinéma, tu as déjà eu des rôles, aimerais-tu avoir des rôles plus importants ?

Dany Boon : Au cinéma ? Oui, un beau rôle. Il vaut mieux faire un petit beau rôle qu'un grand rôle nul. Ca dépend de ce que l'on me propose: Des choses intéressantes ou pas intéressantes, quelque soit le temps qu'on me propose dans un film.

L.J.D.B.R. : Tes études, comment ça a marché ? As-tu été très loin?

Dany Boon : Je suis allé à Léo Lagrange, derrière la rue Blaise Pascal et puis après j'ai fait Desrousseaux, puis Saint Charles parce que, je me suis fait jeter de Desrousseaux. Et puis après, je suis parti en Belgique à Saint Luc (Tournai) pour faire des études de dessin à partir de la seconde, ah non, j'ai fait une année de Saint Jude avant. Je n'étais pas à ma place du tout.

L.J.D.B.R. : Tu allais à l'école par obligation ou tu aimais bien ?

Dany Boon : Non, j'aimais bien ça, pour moi, c'était un lieu de rencontre et de déconnade

L.J.D.B.R. : Quels sont les instituteurs que tu as eu à Léo Lagrange ?

Dany Boon : Rauwel, c'est lui le directeur maintenant non ?

L.J.D.B.R. : Oui, il est directeur de Léon Blum, l'école d'en face.

Dany Boon : C'est un bon prof, je l'aimais bien.

L.J.D.B.R. : Te rappelles-tu de tes profs de Desrousseaux ?

Dany Boon : Il y avait un mec de Desrousseaux qui me disait tout le temps... Je ne sais plus lequel, un mec assez grand avec une pipe, je le sentais arriver, avec le tabac qui puait et il me disait:"vous allez faire quoi plus tard Hamidou ? Balayeur ? Vous n'aurez même pas un CAP". Il me chopait tout le temps pour me dire ça.

L.J.D.B.R. : Et par rapport à ta jeunesse, comment étais-tu connu comme jeune à Armentières ?

Dany Boon : J'étais un élève dissipé. J'avais des copains, une bande, on était rue Blaise Pascal, on se baladait au Bizet, à l'étang. J'étais un peu turbulent, je pense. Et après, quand je suis parti en Belgique, quand j'étais aux beaux arts, enfin l'équivalent des beaux arts là, j'étais assez déchaîné.

L.J.D.B.R. : As-tu déjà eu des problèmes avec tes voisins.

Dany Boon : Qui n'a pas eu de problèmes avec ses voisins. Si, il y a quelqu'un qui avait tiré à la carabine, il habitait un peu au-dessus, un ancien de la guerre d'Algérie. On faisait un peu trop de bruit dans la rue et il avait tiré à la carabine. C'est bien, c'est proportionnel à la connerie !

L.J.D.B.R. : Quelle est la plus grosse bêtise que tu aies faite en étant jeune ?

Dany Boon : La plus grosse bêtise que j'ai faite ? Oui, mais si ma mère lit ça ...

L.J.D.B.R. : Peut-être à l'école, on peut en faire pas mal ?

Dany Boon : Pas mal oui. Justement, j'en ai trop fait. Il y a une connerie marrante: je me suis déguisé en nana et je me suis baladé dans le dortoir des filles. C'était une expérience très marrante, on ne voyait pas que j'étais un mec. J'avais une perruque et une bouille avec des traits assez fins, une vraie gonzesse.

L.J.D.B.R. : Ça c'est bien fini.

Dany Boon : Je n'y suis allé qu'une fois. Je ne peux pas vous dire comment c'est. Tant pis, vous n'avez qu'à vous déguiser en gonzesse et puis y aller.

L.J.D.B.R. : As-tu un souvenir marquant de la ville d'Armentières ?

Dany Boon : Des souvenirs du Nord, enfin d'Armentières c'est rue Blaise Pascal, on jouait là et on faisait des cabanes. J'ai un souvenir de cabanes, super où on emmenait nos fiancées, chacun notre tour. On grimpait aux arbres, on faisait des concours à celui qui allait le plus haut. C'est un peu casse cou, je me suis même cassé la gueule.

L.J.D.B.R. : Tes sketches, tu les écris toi-même ?

Dany Boon : Oui, en partie oui.

L.J.D.B.R. : Et sur la scène tu improvises ?

Dany Boon : Non non, très rarement. Ca arrive, il y a une part d'impro, mais il y a une base très solide.

L.J.D.B.R. : Tu dois être passionné par ton métier ?

Dany Boon : Oui.

L.J.D.B.R. : Et cela t'est venu comment cette envie ?

Dany Boon : Quand j'étais môme, en colonie de vacances à Angerville.

L.J.D.B.R. : Tu aimais bien faire rire le monde ?

Dany Boon : Oui, il y a de ça et puis je m'étais occupé d'un atelier théâtre quand j'étais môme et puis j'avais bien aimé ça, j'ai eu le déclic, sûrement. J'ai fait mime dans la rue et en arrivant à Paris, j'ai fait pas mal de choses.

L.J.D.B.R. : Cela fait combien de temps que tu fais ce métier ?

Dany Boon : Je ne fais que ça depuis 4 ans, enfin 4 ans au mois de décembre.

L.J.D.B.R. : Où as-tu débuté ?

Dany Boon : La première fois, j'ai joué dans le Nord. Les premiers trucs dont je me souvienne: J'ai joué en Belgique, j'ai joué à Armentières au Papagaï

L.J.D.B.R. : A la Maison du Temps Libre aussi ?

Dany Boon : Oui, c'est après, 1 an après. Quand j'étais encore dans le Nord j'avais joué au Papagaï.

L.J.D.B.R. : Et à Paris, cela fait combien de temps ?

Dany Boon : A Paris, ça fait 5 ans, 6 au mois de septembre.

L.J.D.B.R. : Ton spectacle, tu l'as commencé il y a combien de temps ?

Dany Boon : Il y a des choses très anciennes, le plus ancien sketch date du temps où j'étais encore dans le Nord, il y a 6 ans et le plus récent, il y a 6 mois; ça s'échelonne.

L.J.D.B.R. : Le Spectacle, tu le fais combien de fois par semaine.

Dany Boon : 5

L.J.D.B.R. : Tu comptes faire ce métier tout le temps, ou tu aimerais bien changer faire autre chose ?

Dany Boon : Non, je ne pense pas changer, faire autre chose. Je rêvais de ça depuis longtemps et d'un coup, ça arrive, les gens viennent me voir, je suis reconnu, donc je suis très heureux de ça.

L.J.D.B.R. : As-tu beaucoup le trac sur scène ou avant d'y aller ?

Dany Boon : Oui, avant. Disons que c'est quelque chose, qui au fur et à mesure du temps, se gère. Oui j'ai toujours le trac et c'est très. prétentieux de monter sur scène tout seul pour raconter des histoires pendant 2 heures aux gens, les faire rire. En fait ça diminue, avant j'avais le trac deux jours avant de jouer et puis sur scène, pendant 20 minutes après avoir commencé. Ca s'est enlevé petit à petit. Maintenant, je l'ai avant de monter sur scène, juste avant, j'entends les gens qui font le brouhaha dans la salle, et puis juste avant que le rideau ne s'ouvre et puis après, je suis dedans.

L.J.D.B.R. : Et par rapport à ton métier, il y a peut-être des fois où il y a des choses qui ne plaisent pas. Il n'y a jamais eu de répercussions ?

Dany Boon : Si, bien sûr qu'il y a des choses qui ne plaisent pas, il y a des gens qui accrochent moins, c'est une question de communication entre les gens. Il y a peut-être des choses que tu communiques aux gens et certaines personnes le ressentent différemment, ou sont choquées, ou sont je ne sais quoi. On a tous des avis, il y a l'avis et son contraire. Mais bon, si on commençait à écouter tout le monde, on ferait un truc complètement neutre et inutile.

L.J.D.B.R. : Aimerais-tu retourner jouer dans le Nord ?

Dany Boon : J'y suis retourné déjà, au Vivat l'année dernière, c'était marrant, c'était sympa.

L.J.D.B.R. : Que penses-tu du public Armentièrois ?

Dany Boon : Ben, il est complètement faussé parce que, comme moi je suis Armentièrois. Mais en tout cas, il y a les Vamps qui y sont allées et ça s'est très très bien passé je sais.

L.J.D.B.R. : Sinon, par rapport aux endroits où tu te produis, quels sont les publics les plus chaleureux ?

Dany Boon : Les salles sont différentes. Mais c'est vrai que le Nord, la Belgique, ce sont des publics très attentifs. C'est vrai qu'il y a une réputation dans le Nord. En plus, moi, étant du Nord, ça double. Donc j'ai eu des grands panards dans le Nord. En revenant dans le Nord, parce qu'en y étant, c'était plus triste.

L.J.D.B.R. : Où as-tu joué, à part en France et en Belgique ?

Dany Boon : J'ai joué en Egypte, dans un centre culturel Français. C'est une expérience assez marrante. Et puis j'ai joué à Montréal au Québec, au festival Juste pour rire.

L.J.D.B.R. : Tu as déjà fait combien de spectacles ici ?

Dany Boon : Là, je suis bientôt à 100 au Palais des Glaces, à Tristan Bernard, j'en ai fait 120.

L.J.D.B.R. : Tu restes encore longtemps au Palais des glaces ?

Dany Boon : Jusque fin juillet, j'arrête une semaine la semaine prochaine pour prendre des vacances. Et puis c'est mon anniversaire, j'ai 29 ans le 26. Et puis après je reprends le 3 Juillet.

L.J.D.B.R. : Et puis après ?

Dany Boon : Après je tourne le film de Mocky en même temps, je tourne la journée et je joue tous les soirs. Et après, au mois de fin septembre, début octobre, je pars en tournée dans toute la France, en Suisse, En Belgique.

L.J.D.B.R. : Bon, ben on va te laisser.



© Les Productions Du Chicon 2007 - Dernière mise à jour le 31 décembre 2007
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