Interview inédite à Armentières aux "Quatre-saisons"
Jeudi 14 Novembre 1996, enregistré par le webmaster
(Photos DanyBoon.net)


Le webmaster et Dany Boon


Présentateur : Dany, bonsoir !

Dany Boon : Bonsoir...

Présentateur : Sache que l'ensemble des représentants du centre social (les adhérents, les habitants du quartier, les bénévoles, les salariés, les administrateurs), tout ce petit monde qui est plus ou moins représenté dans cette salle, se joignent tous à moi pour te remercier d'être venu aujourd'hui.

Dany Boon : Ah ben ça tombe bien car je jouais ce soir ici!

Présentateur : Si on se rappelle effectivement, l'année dernière, Dany était venu pour inaugurer sa salle. Donc cette année-là, c'était quelque part le retour de l'enfant du pays.

Dany Boon : Je suis revenu voir si c'est bien entretenu. Si les salles sont propres!

Présentateur : Cette année, on t'a invité d'avantage avec l'étiquette d'Artiste. Donc ca tombe bien car c'est la thématique de la rencontre de ce soir! On va parler de ton métier.

Dany Boon : Voilà!

Présentateur : Voilà... Comment va-t-on organiser cette rencontre ? Des personnes ont proposé des questions. Des questions ont été sélectionnées et les personnes invitées. Je me propose d'être un interprète de ces poseurs de questions et tu répondras comme bon te semble.

Dany Boon : Tu veux dire que tu vas lire les questions que les gens ont posées ?

Présentateur : Voilà, qu'en penses-tu ?

Dany Boon : Oh, ils peuvent les poser...

Présentateur : On va peut-être commencer par une série qui a été proposée là...

Dany Boon : Pourquoi poser la question 10 si ils veulent savoir d'autres trucs, je sais pas... Ca peut être le bordel!!!

Présentateur : Comme tu peux le voir, on a essayé de créer une ambiance conviviale... D'abord, je voudrais te présenter la Demoiselle à côté de toi. C'est notre Reine des Nieulles...

Dany Boon : C'est un cadeau ? (rire)

Présentateur : Bon, on attaque la première question ? D'où viens ton nom d'Artiste ?

Dany Boon : Mais qui a posé cette putain de question ? (rire) Mon nom d'artiste vient de Daniel Boone qui était explorateur. C'était un fou furieux, il y avait un feuilleton qui s'appelait comme çà. Et on m'a appelé comme çà parce que je m'appelle Daniel, Hamidou. C'est devenu mon surnom, puis Dany Boon par la suite. Et j'ai gardé çà comme nom de scène, tout simplement. En fait, c'est Philippe Hollevout qui m'appelait comme ca, un copain qui habitait dans le quartier, rue de l'industrie. J'étais copain avec lui, il était prof de guitare au Musicien (une boutique d'Armentières). Et c'est lui qui m'a appelé comme ca et c'est resté. (Bruit de portable dans la salle) Merci de couper les portables!

Présentateur : Une deuxième question: Comment as-tu fait pour démarrer cette carrière de comique ?

Dany Boon : Pour démarrer ma carrière de comique, j'ai fait le con à la SOA, en classe, beaucoup à Léo Lagrange, hein j'ai fait le con! Ma mère peut témoigner... Et, peut-être il y a une question de ma mère dedans, non ? Et ensuite j'ai écrit les sketches. Et donc voilà y'a un parcours que je dirai classique, je jouais dans des petits café-théâtre, à Armentières aussi, au Papagaï. Je jouais dans des cabarets, des petits bistrots, j'adorais raconter des histoires, faire le con, chanter des chansons de de Bourvil, de Fernandel, dans le bus, quand on partait. Y'a toujours eu cette envie de faire cela. Cà s'est concrétisé en allant à Paris, en m'inscrivant dans un cours de Théâtre, qui était le cours Simon, où j'étais passé avec un sketch avec l'accent du Nord.
Les gens m'avaient dit: "Mais ca ne nous intéresse pas trop, on préfère vous voir dans des textes classiques." Donc je suis resté que très peu de temps parce que je ne pouvais pas jouer mes textes. Et ensuite je suis parti, j'ai écrit Le fou et j'ai été au Café de la Gare car il y avait une scène ouverte qui donnait la chance, car j'étais déjà passé devant des gens comme Philippe Bouvard pour une audition et il m'avait jeté comme une merde parce qu'il m'avait dit c'est bien mais çà parle pas assez de cul! Il a des références un peu particulières.

C'est très dur de jouer un sketch devant une personne, que ce soit Bouvard, Collaro, ou d'autres gens. Ils ne s'en rendent pas vraiment compte, et ils sont en général très durs avec les artistes qui débutent, et ils considèrent un peu les artistes comme du bétail. Donc j'ai eu cette chance de passer devant un public (il n'y avait pas d'audition) et j'ai pu me rendre compte à ma grande surprise et à ma grande joie que mes sketches marchaient. Ensuite j'ai rencontré Sylvie Joly qui est devenue ma marraine. Grâce à elle, j'ai joué au Lucernère à Paris. J'ai rencontré Richard C., Thierry Joly avec qui j'ai travaillé, j'ai rencontré plein de gens, plein d'artistes qui m'ont vachement aidé. A partir du moment où ils voyaient ce que je faisais sur scène, que ca se passait bien, ils avaient envie de m'aider, et les choses continuaient comme ca. Jusqu'à la télévision avec Patrick Sébastien, Michel Drucker. Ce qui se passe, au début, on est dans un théâtre, il n'y a pas de public. Après, on fait une télé. Avec des gens comme Patrick Sébastien, on fait une télé. Les gens font le bouche à oreille,c'est la meilleure façon pour promotionner le spectacle, parce que la télévision, on s'en rend pas bien compte, ca perd vachement. Et donc, grâce au bouche à oreille, j'ai joué très longtemps au Tristan, au Palais des Glaces et ensuite à l'Olympia.




© Les Productions Du Chicon 2007 - Dernière mise à jour le 31 décembre 2007
Toute Reproduction Interdite