Critique La Vie de Chantier : drôlissime
par Aurélie Audureau
pour Le Parisien
(Jeudi 16 octobre 2003)
![]() Photo Alice |
En attendant le début du spectacle, la salle du Gymnase est plongée dans une très belle musique de piano de Jean-Sébastien Bach striée de coups de marteau, de bruits de perceuses et autres grattages… Le rideau s’ouvre sur le décor d’une maison éventrée et aussitôt, le public éclate en rires et en applaudissements. Sur son échafaudage branlant, le peintre (Frédéric Bouraly) barbouille tandis que, dans la baignoire incrustée dans des bouts de murs à l’avant de la scène, le plombier (Zinédine Soualem) tente, dans un sabir désopilant, de comprendre pourquoi l’eau gicle d’un tuyau et ne sort pas par le robinet. Quand Dany Boon entre, cassé en deux, hurlant à la mort devant ce désastre, le public explose ! C’est parti pour deux heures de rigolade, sur cette tranche de vie où des travaux foireux remettent en question la vie d’un couple et de leur fille. « La vie de chantier » est une farce complètement loufoque – quoique, si le trait est forcé, certains épisodes sentent bien leur dose de « vécu » - qui joue sur le double registre des mots d’auteur et des effets scéniques. Marie-Sophie L. est drôlissime en bourgeoise coincée et la jeune Julia Duchaussoy pleine d’allant. Quant à l’auteur, metteur en scène et acteur Dany Boon, loin de tirer la couverture à lui, il intervient en meneur de jeu donnant le rythme et l’impulsion aux autres rôles. Zinédine Soualem, irrésistible dans le rôle du plombier-maçon, fait un malheur. Une pièce à voir absolument, surtout si l’on fait faire des travaux chez soi ! |